
Martine Aubry est née en 1950 à Paris. Originaire du pays basque par sa mère et de Corrèze par son père, elle a grandi à Paris, dans le 12ème arrondissement. Elle s'y implique très tôt dans la vie locale, aux côtés de sa mère.
Dès sa jeunesse, elle s'engage à gauche et milite au Parti socialiste dans le 14ème arrondissement de Paris.
En 1974, à sa sortie de l'école nationale d'administration, elle choisit à 24 ans d'intégrer le ministère du travail. Surprise de ses camarades de promotion et de ses professeurs: il est habituel de préférer l'inspection générale des finances ou la cour des comptes. Chez Martine Aubry, les convictions font la décision.
En 1981, la gauche remporte l'élection présidentielle pour la première fois depuis un quart de siècle : comme aujourd'hui, tout un peuple attend le changement ! Martine Aubry rejoint le cabinet du ministre du travail. Elle sera la rédactrice des lois Auroux, l'une des avancées majeures de la présidence Mitterrand. Adoptée en 1982, la loi apporte le progrès à des millions de salariés qui font la richesse de la France:
- obligation d'une négociation annuelle sur les salaires,
- droit de retrait en cas de conditions de travail dangereuses,
- création du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT),
- interdiction des discriminations politiques, syndicales, religieuses, dans l'entreprise,
- droit d'expression des salariés sur les conditions de travail.
- Aujourd'hui encore, ces innovations contribuent à améliorer les conditions de travail, et la performance de l'économie.
Compétition internationale
En 1989, Martine Aubry tente une nouvelle expérience. Elle devient directrice adjointe de l'entreprise Péchiney. C'est dans ce fleuron français au rayonnement international que s'est consolidé son attachement à la production, à l'excellence technologique, au respect des PME sous-traitantes, à la marque France dans la compétition internationale.
Martine Aubry n'a jamais été de ces responsables politiques qui rêvaient d'une économie sans industrie ni usines.
Deux ans plus tard, forte de ces enseignements, elle entre au gouvernement en tant que ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle:
Au sein de l'équipe d'Edith Cresson puis aux côtés de Pierre Bérégovoy, Martine Aubry s'impose par sa maîtrise des dossiers, mais aussi sa passion pour les actions de terrain : pas de développement économique et social sans un Etat stratège et décentralisateur.
Entre 1993 et 1997, Martine Aubry ajoute à son engagement la dimension associative. Avec la Fondation agir contre l’ exclusion (FACE), elle crée un acteur majeur au service de l’ emploi des jeunes et de la réinsertion sociale par le travail et la formation. Des valeurs qu'elle porte depuis l'adolescence.
C'est aussi l'occasion de valider une intuition: la richesse de la France se trouve pour une large part dans sa jeunesse et dans les quartiers populaires, trop souvent relégués par l'insuffisance de services publics, d'infrastructures de transports ou de proximité avec les pôles d'enseignement supérieur.
Ce réseau d'entreprises en partenariat avec les collectivités locales et le monde associatif regroupe aujourd'hui, plus de 2.500 entreprises.
Pierre Mauroy, alors maire de Lille, fait appel à Martine Aubry à l'occasion des municipales de 1995, et en fait sa première adjointe. C'est le début de sa rencontre avec Lille.
En 1997, Martine Aubry devient le numéro deux du gouvernement de Lionel Jospin. Dans un ministère de l'Emploi aux compétences élargies, il lui est demandé de mettre en oeuvre plusieurs engagements phares de la législature : la réduction du temps de travail, et la lutte contre le chomâge.
Réponse volontariste au chomâge
Déterminée face à la droite et une partie du patronat, elle négocie la loi des 35 heures, qui est à l'origine de 350.000 emplois selon l'Insee. Elle pilote aussi la mise en place des emplois jeunes, réponse volontariste au chômage des jeunes qui ont permis à 85% des jeunes bénéficiaires de trouver un travail dans les 18 mois suivants la fin de leur contrat, selon le ministère du travail.
En 2000, elle est la première à redresser les comptes de la sécurité sociale.
Aux élections de mars 2001, Martine Aubry est élue maire de Lille, où elle succède à Pierre Mauroy. Elle y met en place une politique volontariste de rénovation et d'animation culturelle dans les quartiers populaires. L'année 2004 voit la transformation de la ville sur la scène internationale, avec le succès de l'opération « Lille capitale européenne de la culture », qui accueille plus de neuf millions de visiteurs:
En 2008, Martine Aubry est réélue à Lille avec plus de 65% des voix au second tour: c'est le score le plus élevé jamais réalisé par la gauche. Son bilan est unanimement salué : elle a fait de Lille une capitale culturelle et une métropole économique de dimension européenne.
Elle a lancé un vaste programme de rénovation urbaine et de reconstruction d’ une ville du vivre ensemble. Elle a soutenu l'innovation pour l'emploi avec les zones d'activités: que ce soit le tertiaire avec Euralille, ou les biotechnologies avec Eurasanté. Sur la base de son projet municipal et par sa personnalité, Martine Aubry a su rassembler largement.
A force de volonté, elle fait de la relocalisation des productions et du maintien de l'emploi ses priorités quotidiennes. L'usine Altadis ferme? Elle y porte le projet de relocalisation de la production de vélos Décathlon à Lille. L'ancienne filature Blan-Lafon tombe en ruine? Ce sera le siège du pôle Euratechnologie, où s'installent plus d'une centaine d'entreprises et plusieurs milliers de personnes.
Le rassemblement du PS et de la gauche
Comme première secrétaire du PS, Martine Aubry a remis les idées au cœur du Parti socialiste: conventions nationales, forums thématiques, retraites... Elle a coordonné l'élaboration du projet du PS, forgé dans la collégialité, plébiscité par les socialistes. Deux ans et demi après le Congrès de Reims, grâce à son action, les socialistes sont prêts.
Grâce à ce travail dans lequel elle s'est pleinement impliquée, Martine Aubry sait précisément ce qu'attendent et ce que proposent les associations, les syndicats, les organisations professionnelles, les chefs d'entreprises, les scientifiques, les chercheurs, les universitaires, les artistes. Elle a développé des relations privilégiées avec nos partenaires du Parti socialiste européen (PSE) en général et nos amis du SPD en particulier. Le 21 juin 2011, elle a reçu à Paris Sigmar Gabriel, Président du SPD, pour adopter une déclaration commune sur la gouvernance économique, préfiguration d’ une relance franco-allemande.
Dans sa ville et son agglomération, par l'action concrète, Martine Aubry a montré comment concilier économie et écologie, exigence sociale et ambition culturelle. Déterminée à agir pour une société qui rassemble et pour le redressement de la France, elle n'a jamais baissé les bras. Si elle est élue présidente de la République, elle sera prête à engager le changement dès le premier jour de son mandat.

