Mercredi 21 septembre, près de 600 personnes se sont rassemblées au Cabaret Sauvage à Paris pour une soirée consacrée à l’égalité femmes – hommes.
Comme Martine Aubry l’a dit à plusieurs reprises, l’égalité n’est pas négociable : elle sera une priorité de son mandat de Présidente de la République. De nombreuses personnalités engagées pour les droits des femmes en France et dans plusieurs pays du monde étaient présentes et présents mercredi soir.
Marie-laure Brival, cheffe de service à la Maternité des Lilas et ancienne présidente d’une association défendant le droit à l’avortement a rappelé que la loi Aubry de 2001 avait été une avancée fondamentale pour les droits des femmes. Emmanuelle Boussard-Verrechia, avocate, qui a été la première à faire condamner une grande entreprise pour discrimination faites aux femmes, a salué les ambitions de Martine Aubry pour réaliser l’égalité au travail. Patric Jean, réalisateur de la Domination masculine, est venu apporter son soutien : « connaissant votre parcours et votre intégrité, j’appelle aujourd’hui à se rassembler autour de votre équipe ». Françoise Héritier, Caroline De Haas et Martine Storti, militantes féministes de plusieurs générations ont appelé les femmes et les hommes engagés pour l’égalité à voter pour Martine Aubry les 9 et 16 octobre : « Voter Martine Aubry, c’est ouvrir enfin la porte à l’égalité entre les femmes et les hommes »
En concluant la soirée, Martine Aubry l’a rappelé : le féminisme est un humanisme, cette bataille pour l’égalité est donc celle de toutes celles et ceux qui veulent transformer la société vers plus de progrès. Elle a réaffirmé sa volonté que la première loi qui sera votée par le Parlement soit consacrée à l’égalité professionnelle (retrouvez le projet de loi ici). Elle a exprimé ses engagements pour que dans tous les domaines, l’égalité soit au rendez-vous.
>> Signez l’appel « L’égalité professionnelle en 2012, je signe ! »
Discours de Martine Aubry
Paris, Cabaret Sauvage, 21 septembre 2011
Seul le prononcé fait foi
Chers ami-e-s, chers camarades,
Je suis très heureuse d’être ici avec vous toutes et vous tous. Je remercie toutes celles et ceux qui ont permis la réussite de cette soirée.
Chaque élection présidentielle est importante. Celle de 2012 sera peut-être historique.
Dans quelques mois, la gauche proposera aux Français la volonté de changement. Avec la gauche, ils feront le choix de l’identité républicaine contre l’identité nationale ; le choix du progrès contre la crise ; le choix d’une Europe qui innove et qui protège contre la tentation du repli national ; le choix des énergies nouvelles contre l'impasse nucléaire ; le choix de l’égalité réelle contre la nouvelle aristocratie et ses privilèges.
Si je suis désignée, les 9 et 16 octobre prochain, je mettrai la France sur ce chemin, celui du redressement et du rassemblement. Mais pour porter incarner ce changement, une question supplémentaire se posera aux électeurs. Pour la dernière fois, je l’espère, ils devront se demander : « Sommes-nous prêts, oui ou non, à élire une femme à la présidence de la République ? »
Cette question, je n’ai jamais souhaité en faire un thème de campagne. Vous le savez, j'ai toujours conçu la politique comme un débat d'idées. Mais les idées s'incarnent ! Oui, je suis une femme, une femme politique ; mais je suis avant tout socialiste et républicaine. Plus qu’à l’identité, qui nous enferme et nous conditionne, je crois à la citoyenneté, qui nous libère des déterminismes et nous permet de choisir notre destin. C'est cela, ce sera toujours cela, pour moi, la République française !
De nombreux pays, en Europe mais aussi en Inde, au Pakistan, en Israël, au Brésil, en Argentine, ont su faire une place aux femmes dans leur vie publique. Est-ce le cas en France ? Je ne le crois pas.
Bien sûr, nous ne sommes plus en 1974 où Arlette Laguiller, première candidate de l’histoire, briguait « la présidence d’une République d’hommes ». Depuis, l’engagement des féministes, des femmes comme des hommes, et l’action du législateur nous a fait accomplir de grands progrès sur le chemin de l’égalité politique.
Au moment où je vous parle, je mesure ce que je dois aux femmes qui ont combattu pour atteindre cette égalité, souvent sans espoir d’y parvenir pour elles-mêmes. Ces femmes à qui l’on répondait toujours : « Et puis quoi encore ? ».
Je pense à Olympe de Gouges, que ses accusateurs ont traitée de « virago », de « femme-homme » et d’ »impudente » quand elle leur lançait: « Si la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir aussi celui de monter à la tribune ! ».
Je pense à Elisa Lemonnier qui créait en 1862 les premières écoles professionnelles pour jeunes filles, dans un siècle où l’apprentissage était réservé aux hommes.
Je pense à Hubertine Auclert et son défi au système en 1910 en se présentant aux élections législatives : « Je ne vote pas, je ne paie pas ! ».
Je pense aux femmes de la Résistance, qui ont arraché par leur courage l’égalité des droits à la Libération. Sans elle, combien de temps aurait-il fallu attendre encore que notre Constitution « garantisse à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme » ?
Je pense aux mouvements féministes des années 1960 et 1970, qui ont forgé, comme la décolonisation ou l'Europe, ma conscience politique. Nous leur devons tant ! Ce sont ces femmes qui ont dénoncé les multiples formes d’une oppression, mis en évidence les multiples facettes du sexisme et conquis des droits, en particulier un droit fondamental : celui de maîtriser son corps.
Je pense à toutes celles – femmes afghanes, femmes syriennes, égyptiennes, libyennes ou tunisiennes – qui ont dû ou doivent encore lutter pour conquérir ces droits que nous, Françaises, considérons à tort comme acquis.
L’inégalité entre hommes et femmes était le péché originel de la République. C’est un Parlement républicain, je ne l’oublie pas, qui a par trois fois, refusé le droit de vote aux femmes dans l’entre-deux-guerres. C’est une droite républicaine qui s’est opposée violemment aux lois sur la parité, portées avec courage par Elisabeth Guigou, ministre du Gouvernement de Lionel Jospin.
Cette bataille pour l’égalité n’est pas uniquement celle des femmes. La République, c’est aussi et heureusement celle de Condorcet proposant le suffrage féminin à la tribune de Convention ; celle de Victor Hugo, présidant la Ligue française pour le droit des femmes ; celle des jeunes hommes, comme vous, présents dans cette salle, qui n’ont pas peur de partager la cause des femmes car ils savent qu’être féministe et être humaniste ne font qu’un.
Cette bataille pour l’égalité est donc celle de toutes celles et ceux qui veulent faire progresser la société. Le féminisme, le mien en tous cas, est un humanisme : si la moitié de l’humanité est discriminée, c’est toute la société qui en pâtit, les hommes comme les femmes.
Quand on est socialiste, quand on est de gauche, quand on est tout simplement un démocrate, on est féministe d'abord parce qu'on croit à la justice et qu'on refuse ce qui oppose, ce qui divise, ce qui relègue.
Voilà le féminisme dans lequel je me reconnais, et qui m’a épaulé à tant de moments de ma vie et qui m’a inspirée encore lorsque, ministre de l’emploi et de la solidarité, j’ai mené le combat. Je dis bien combat, tant il a fallu affronter les résistances et les conservatismes lors que je me suis attaquée aux violences faites aux femmes, à l’accès à la contraception et à l’avortement, notamment pour les mineures avec cette loi que j’ai réussi à faire voter envers et contre tout, ou à l’égalité professionnelle avec Catherine Génisson…. Ce progrès pour les femmes, je l’ai voulu aussi au Parti Socialiste, en réalisant la parité dans toutes nos instances, mais aussi le non cumul des mandats.
Pourtant, disons-le une fois pour toutes : dans notre pays où 4 parlementaires sur 5 sont des hommes ; dans notre pays où aucune entreprise du CAC 40 n’est dirigée par une femme ; dans notre pays où les salaires varient de près d'un tiers selon qu'on est un homme ou une femme ; dans notre pays qui a attendu 1944 pour donner le droit de vote aux femmes, et n’a connu, en 2000 ans d’histoire et 2 siècles de République, que des dirigeants masculins – eh bien, oui, le moment est venu d’élire une femme Présidente.
Oui, je peux et je veux être cette femme-là ! Parce que j’ai consacré toute ma vie à l’intérêt général – comme numéro 2 du Gouvernement, comme responsable associative, comme élue locale : il ne faut pas seulement changer de président, il faut changer la présidence ; il ne faut pas seulement changer de politique, il faut changer la politique.
L’égalité femmes – hommes n’est pas un sujet négociable. Si je me présente à l’élection présidentielle, ce n’est pas pour passer de 27% de différence de salaire à 23%. Ce n’est pas pour passer de 18.5% de femmes à l’Assemblée à 28%. Ce n’est pas pour que dans 50 ans après cette soirée, nos enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants se disent encore « En 2062, l’égalité au programme ! ». Non. Si je me présente à l’élection présidentielle, c’est que je veux l’égalité maintenant pour notre pays. Par un peu, pas à moitié. L’égalité tout court.
Ce sera un changement fort pour les femmes, de gauche et de droite, dans notre pays et pour le monde. Ce que la France décide, le monde toujours le regarde et s'en inspire. Oui, ce sera un pas décisif vers l’égalité réelle entre hommes et femmes, un chemin que nous réaliserons, par des actes, dès les premiers temps de mon quinquennat.
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L’aspiration à l’égalité réelle a traversé tous les mouvements sociaux. Elle fait partie des fondements du projet politique de la gauche. La droite, elle, l’a niée voire dénigrée. Depuis 2002, les protections collectives reculent et les inégalités femmes-hommes stagnent, voire se creusent. Les « réformes » successives des retraites l’ont hélas montré : en réduisant les droits de tous les salariés, le gouvernement a aggravé les injustices qui frappent les femmes. La baisse des crédits alloués à l’hôpital public a réduit la qualité du service public pour tous et, pour les femmes, entraîné la fermeture de nombreux centres d’IVG. Dans certaines régions ou pendant les vacances d’été, l’accès à l’avortement est devenu quasi-impossible. La pseudo réforme territoriale, avec la création du conseiller territorial fera partout reculer la parité.
En dix ans, les solidarités issues du Conseil National de la Résistance ont été méthodiquement abîmées par la droite, comme si elle était animée d’un esprit de revanche contre les femmes qui, depuis la dernière guerre, ont été aux avant-postes de la quête d’égalité. Ces dernières semaines encore, qu’il s’agisse du mariage homosexuel ou des débats autour du genre, la droite s’est tristement illustrée par son incapacité à comprendre le monde dans lequel nous vivons.
La gauche, je l’ai rappelé, lorsqu’elle a été au pouvoir, a toujours cherché à traduire les exigences du mouvement féministe et de la société en matière d’égalité femmes - hommes. Tout n’a pas été réussi, mais beaucoup a été entrepris et permis. Mais je veux que nous allions beaucoup plus loin.
Oui, il est temps, il est grand temps de faire sortir notre société française d’un archaïsme dans lequel elle reste trop souvent bloquée à la fois en garantissant des protections collectives et en concrétisant l’égalité des sexes.
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Et parce que l’émancipation commence par le travail, je commencerai par l’égalité professionnelle. Inscrite depuis près de 30 ans dans la loi, je veux qu’elle devienne une réalité.
L’égalité professionnelle, c’est d’abord l’égalité de salaire. A responsabilités égales, aujourd’hui, les femmes touchent près de 10% de salaire en moins que les hommes. Pourquoi ? Parce ce que des entreprises, dans notre pays, bafouent la loi quotidiennement. Cela commence à l’entretien d’embauche par la question « Vous avez prévu d’avoir des enfants ? ». Cela continue au retour de congé maternité « votre augmentation, non, ça sera pour l’an prochain ». Puis au moment de prendre des responsabilités : « Une femme pour encadrer des hommes, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée ». Les clichés sexistes perdurent à tous les échelons.
Nous ne pouvons plus tolérer les manquements à la loi dans des entreprises. Depuis qu’elle est au pouvoir, la droite n’a fait que reculer la date butoir imposée aux entreprises pour se mettre en conformité avec les lois pour l’égalité. En 2006, c’était 2010. En 2010, c’est devenu 2012. En 2012, ce sera 2025. Combien de temps faudra-t-il attendre ?
J’en prends l’engagement ce soir : la première loi que, Présidente, je soumettrai au Parlement sera une loi sur l’égalité professionnelle femmes-hommes qui vient de nous être lue.
Les entreprises qui ne mettront pas un terme, par la négociation, aux inégalités de salaires entre les femmes et les hommes se verront supprimer tous les exonérations de cotisations sociales et les aides publiques. Elles devront également engager des discussions sur les carrières afin d’en finir avec le plafond de verre.
Mais l’égalité professionnelle ne se limite pas à l’égalité salariale. Les 27% de différences de salaire prennent racine dans la précarité dans laquelle de trop nombreuses salariées sont cantonnées. Au plafond de verre s’ajoute en réalité un véritable plancher collant qui freine l’accès à l’autonomie de nombreuses salariées.
Je pense à ces caissières courageuses, à Albertville, qui sont en grève tous les dimanches depuis 2 ans pour refuser de travailler le seul jour de la semaine où elles peuvent voir leurs enfants.
Je pense à ces salariées des grandes surfaces, qui peuvent transporter plusieurs tonnes de produits en une semaine, sans que la pénibilité de leur poste ne soit reconnue. Je pense à cette retraitée de Toulouse qui touche moins de 600€ par mois pour vivre.
Je pense à cette agent d’entretien de Rennes qui travaille de 4h à 8h puis de 17h à 20h, tous les jours, passent des heures dans les transports, ne voit quasiment pas ses enfants et s’échinent à trouver une solution pour les faire garder.
Je pense à cette aide-soignante rencontrée à Paris qui, comme des millions de femmes aujourd’hui, travaille à accompagner des personnes dépendantes et dont le travail n’est pas reconnu à sa juste valeur.
Ces situations, des millions de femmes les vivent au quotidien, dans leur emploi et leurs salaires. Elles la vivent en silence, oubliées des politiques publiques.
Certes, il est nécessaire d’imposer la parité dans les conseils d’administration du CAC 40. C’est un symbole important pour l’égalité. Mais pendant que quelques dizaines de femmes supplémentaires accèderont à ces hautes responsabilités, qui parle des deux millions de salariées des services à la personne, qui parle des 130 000 caissières, qui parle des assistantes maternelles, qui parle des agents d’entretien ?Personne. Dans tous ces métiers, plus de 80% de femmes. Dans tous ces métiers, des temps partiels, des salaires trop bas, des contrats précaires et une reconnaissance quasi-inexistante. Ce sont elles qui sont les principales victimes des inégalités professionnelles.
Plusieurs leviers existent, nous les connaissons. Dès l’école, nous agirons sur l’orientation afin de rendre les filières et les formations réellement mixtes. J’engagerai un plan pour l’égalité professionnelle qui fera reculer le temps partiel subi et la précarité en majorant les cotisations sociales pour les entreprises qui en font un usage excessif. J’engagerai, comme ils le font en ce moment au Québec, un travail sur la revalorisation des métiers à dominante féminine et l’amélioration de leurs conditions de travail.
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La loi sur l’égalité professionnelle sera ma première loi, mais nous ne nous arrêterons pas à l’égalité professionnelle. L’égalité, je l’ai dit, doit se faire partout. 60 ans après l’inscription de l’égalité dans notre Constitution, les discriminations restent légion dans de nombreux domaines.
-Alors que les réformes de la droite ont entrainé la fermeture de dizaines de centres d’Interruption volontaire de grossesse, nous ferons respecter les lois qui garantissent le droit à disposer de son corps. Moi Présidente, tous les hôpitaux disposeront d’un centre d’IVG. C’est la loi, je la ferais respecter.
-Alors que la droite a cassé l’école de la République, nous remettrons à l’ordre du jour l’éducation à l’égalité dans toutes les écoles.
-Alors que la droite persiste dans une attitude réactionnaire vis-à-vis de la parentalité, nous garantirons l’égalité des genres et des familles. Tous les couples pourront prétendre à l’adoption et nous ouvrirons la procréation médicalement assisté aux couples de femmes.
- Alors que les femmes qui renoncent à des carrières ou à des emplois à temps pleins, et des centaines de milliers d’enfants sont privés d’un cadre collectif pour s’épanouir, nous créerons un service public de la petite enfance. Il manque aujourd’hui plus de 500 000 places d’accueil, cela prendra du temps, mais nous commencerons dès 2012 à engager le rattrapage et nous rouvrirons la porte de la scolarisation à deux ans. Et parce que, pour moi, la parentalité se partage dès le premier jour, le congé parental sera reparti à égalité entre la mère et le père.
- Et puis, nous le savons, l’espace privé n’est pas à l’abri des inégalités et de l’oppression. Comment accepter qu’au XXIème siècle, en France, une femme meurt tous les deux jours ½ sous les coups de son conjoint, que 75000 femmes sont violées chaque année ? La violence est l’expression la plus dure de ces inégalités dans les rapports entre les femmes et les hommes. Notre société ne doit plus le tolérer. Nous ferons appliquer la loi votée en juillet dernier grâce à l’impulsion de parlementaires de gauche qui a permis des avancées majeures pour protéger les femmes victimes. Nous irons plus plus et nous engagerons sur des mesures concrètes dans l’esprit de la loi globale votée en Espagne et proposée par les associations féministes en France. Je pallierai ainsi aux manquements la loi actuelle en engageant des actions de prévention et en débloquant des moyens pour l’accueil des femmes victimes. La parole des femmes doit être entendue, les professionnels formés, les campagnes d’informations menées, l’éducation des enfants et des jeunes renforcée.
-Et puis, si nous gagnons en 2012, je reprendrai le flambeau de la parité. Quelle égalité sociale pouvons-nous construire sans égalité politique ? De quelle démocratie parle-t-on quand les femmes sont encore largement exclues des sphères de pouvoir ? Et je formerai un gouvernement paritaire. Je ferai voter une loi qui supprimera tout financement public pour les partis politiques qui ne présenteront pas 50% de candidates aux élections législatives, et qui pénalisera financièrement ceux qui n'obtiennent pas 50% de femmes élues. Et j’étendrai le partage du pouvoir aux instances administratives et économiques, ainsi qu’aux grandes institutions de la République.
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Chers ami(e)s,
Je suis intiment convaincue que nous ne pourrons changer la société, changer la vie de nos concitoyennes et concitoyens sans nous attaquer avec tenacité aux inégalités entre les femmes et les hommes.
Nous, qui avons toujours placé l’égalité au cœur de nos politiques, avons parfois oublié que le progrès suppose plus que modifier la loi, mais impose d’interroger des millénaires d’organisation sociale qui continuent à peser sur chacune et chacun d’entre nous. C’est pour cela que je parle de ténacité : il faut, jour après jour, se battre pour que le droit s’inscrive dans les faits. Eh bien cette volonté, cette ténacité, je les ai.
Françoise Héritier le rappelle souvent : l’inégalité femmes – hommes est la première des inégalités. Non pas qu’elle soit plus grave que les autres, il ne s’agit pas de faire des hiérarchies. Mais c’est la plus ancienne, celle qui a le plus imprégné nos sociétés. A tel point que 60 ans après l’inscription de l’égalité dans notre Constitution, les discriminations restent légion.
Je souhaite proposer aux Françaises et aux Français un autre projet de civilisation : celui d’une société où chacune et chacun, quel que soit son sexe mais aussi son origine, sa couleur de peau, ait la possibilité de s’émanciper et de construire sa vie comme elle ou il l’entend.
Dans ce domaine, les idées ne manquent pas. Il s’agit d’y ajouter une volonté politique de changer la réalité. C’est pour cette raison que l’égalité femmes - hommes sera une priorité de la législature. Et je compte sur les mouvements féministes, les associations, les syndicats pour accomplir avec eux ces changements tant espérés, mais aussi sur tous les progressistes de notre pays.
Mes ami-e-s,
J’ai conscience qu’il reste un important chemin à parcourir mais je suis déterminée : ce début de XXIème siècle devra être celui de l’égalité. Les femmes comme les hommes de ce pays en ont assez du sexisme comme des inégalités : moi aussi !
République et France sont deux mots magnifiques – deux mots féminins : en 2012, donnons leur, donnez leur, une présidente !




